Friday, January 27, 2006

Le secret de Brokeback Mountain , un «western gay» – qui a inventé ça ?

 photo © Copyright BSLB 2006


Le communicateur simplificateur, le mass communiquant, le marketeur a encore frappé !
Il faut bien s’adresser à une cible ! Il faut bien déclencher le réflexe pavlovien de consommation !
Mais ce film ne se consomme pas ! il se goûte, il se savoure, même en souffrance, comme toutes les œuvres.
La culture, l’art, l’initiation par la sensibilité, ce n’est pas de la conserve ! Cela fait bien des années que des centaines de milliers de convaincus le répètent, mais ça perdure sévèrement.
Un « western » ? certainement pas ! Dans notre société du « look », si des chapeaux et des cow-boys boots suffisent à définir le western…
« gay » ? Jadis, on disait homo. Il faut faire dans le « trendy ». Simplificateur, classificateur, comme à l’habitude. Trois lettres pour contextualiser l’histoire et le film, c’est pratique dans une société qui va vite. Alors, s’appesantir ou s’étendre sur l’amour entre hommes dans nombre de ses dimensions, c’est trop glissant, slippy. Alors, aborder les composantes de cette forme amoureuse, transposable à d’autres, ah que non ! laissons cela aux psys et aux docs ! après tout, cette forme relève bien du soin ?
Si Annie Proulx, l’inspirée et l’inspiratrice, les scénaristes du film, et Ang Lee le réalisateur avaient voulu brandir avec tact et élégance le drapeau d’une « cause », ils n’auraient pas mieux faits. J’ignore leurs intentions ; peu importe, elles sont universelles, au-delà du retentissement qu’elles engendrent auprès de ceux qui sont fiers de leurs amours viriles et de l’émotion intense qu’elles provoquent chez tous ceux et celles qui ont eu à souffrir du mépris de leur identité.

© Copyright 2006 B.S.

2 comments:

Franck Antoni said...

Qui a inventé ça ? Sans doute un journaliste. Nous sommes à l'ère du "pitch", de l'étiquettage rapide, de la formule publicitaire. Un "western" désigne généralement un récit se déroulant dans l'ouest des Etats-Unis dans la seconde moitié du XIXe siècle. "Gay" me gêne moins, mais est effectivement réducteur, car au-delà du sexe des protogonistes, l'histoire de "Brokeback Mountain" est universelle. Comme beaucoup, je l'ai vécue avec la même intensité que "Sur la route de Madison". Dans les deux cas, regard de la société, choix de vivre ou ne pas vivre l'amour de sa vie, annonce de la mort, loin de soi, de l'être tant aimé. Dans l'interview publiée par "Studio", Ang Lee réfute totalement l'étiquette accolée à son film.

Anonymous said...

D'accord la formulation trop rapide est maladroite, mais quand même à y réfléchir, les autres films qui m'ont fait cet effet là mettaient bien en scène des amours homosexuelles.