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Sunday, September 14, 2008

The Dark Knight soundtrack / musique du film

Les compositeurs Hans Zimmer et James Newton Howard servent une partition orchestrale remarquable par son ampleur et son sens épique. Parfaitement adaptée à l’action, elle constitue l’un des moteurs du film. Des glissendos dissonants de cordes, soutenus par des percussions sourdes parfaitement dosées et haletantes, comme dans « Like a dog chasing cars », confèrent un rythme incomparable à la progression dramatique. Pizzicatti soutenus par des basses profondes, comme dans « I’m not a hero », renvoie au galop de chevaux dans une atmosphère crépusculaire, non sans rappeler Schubert qui y excellait dans ses lieder. Stridences, battements accélérés à l’image de ceux du cœur, tambours assourdis d’où surgissent des traits soudains, comme dans « Why so serious ». L’ensemble de la partition suit les grands principes de ce type de progression rythmique et dynamique, utilisant la répétition de thèmes dans des crescendos orgasmiques comme le Boléro de Maurice Ravel en avait été une apothéose au 20ème siècle. Riche d’audaces instrumentales et d’une infinie variété de tons sourds, pimentée d’intrusions électroniques au sein d’un ensemble utilisant une base orchestrale quasi classique, la partition n’est pas sans lyrisme contenu et pourrait servir un opéra. Globalement sombre, elle ajoute à la noirceur du film grâce à une palpitation, une course poursuite sans limite, une pulsation échevelée, un souffle haletant. Sans être invasive, elle glacera volontiers le sang. En ce sens elle sert admirablement les volontés du cinéaste et crée un univers noir souvent sans espoir. Elle vaut d’être écoutée pour elle seule, même si immanquablement les images reviendront aisément, comme l’incroyable renversement du camion sans dessus dessous dans l’axe exact de la rue, en pleine nuit, lors de la poursuite de Batman et du Joker dans la ville mythique…ou comme les babines sadiques et grimaçantes du Joker dues à l’incarnation hallucinée qu’en livre Heath Ledger. Combien on eusse aimer que ce désir d’incarnation extrême ne conduise pas l’acteur à l’ultime fatalité.

La musique du film comprend 14 morceaux : “Why so serious “, “I’m not a hero”, “Harvey two face”, “Aggressive expansion”, “Always a catch”, “Blood on my hands”, “A little push”, “Like a dog chasing cars”, “I am the Batman”, “And I thought my jokes were bad”, “Agent of chaos”, “Introduce a little anarchy”, “Watch the world burn”, “A Dark Knight”.

© Copyright 2008 Bruno-Stéphane

Saturday, July 26, 2008

Heath Ledger : dernière apparition cinématographique dans Batman "The Dark Knight" juillet 2008




























photos © Copyright 2008 BSLB

Heath Ledger etait très attendu dans son apparition dans le rôle du "Joker" dans The Dark Knight. Qu'en est-il en ce mois de juillet 2008 dans les cinémas de Los Angeles?

Une expérience cinématographique dans la capitale mondiale du genre fait pâlir ces mêmes sensations dans les salles françaises... Décor Art-Déco du Mann Village à Westwood, quartier de Los Angeles situé entre Beverly Hills et Santa Monica, qualité d'accueil, écran géant, projection haute définition, son THX à faire trembler les murs, public enthousiaste : prêt au décollage!
L'atterrissage est plus douloureux... Le film est d' une rare violence et d'une rare noirceur, la promesse du titre est bien respectée. Ames sensibles s'abstenir : il faut plaire à un public jeune qui, a priori, savoure ce type d'exploits à l'écran (est-ce bien certain?).
Une remarquable réalisation, absolument virtuose, une photographie haut de gamme (les vues plongeantes sur Chicago et Hong Kong, symboles mythiques de LA ville contemporaine, parfaites représentations de la ville imaginaire Gotham City), des courses poursuites et autres envolées dans les airs à couper le souffle... au service d'un scénario simpliste qui ne fait pas décoller les cerveaux.
Après environ 2h30 enfoncé dans son siege, quasiment terrorisé et martelé par une musique aussi noire que l'image, on se prend a s'étonner d'être en été : on regarde le ciel bleu roi étoilé avec étonnement, on rêve d'une crème glacée, d'un jus de fruit frais et d'un dîner chaleureux entre amis...
Car comme pour certains chocolats 100% cacao, noir c'est noir!
Lorsque l'on pense à la beauté de ce jeune acteur que sera éternellement Heath Ledger, et au dernier témoignage, involontaire certes, que lui rend ce film, on prend peur.
Oubliées sa fraîcheur, sa jeunesse, sa sensibilité exacerbée. On ne retient de son passage dans The Dark Knight, qu'une remarquable interprétation derrière un masque d'anti-clown grimaçant qui fait fi de son physique. Heath Ledger confère au personnage noir du Joker une folie inégalée : quand sa langue sort subrepticement de sa bouche pour lécher ses babines rougies, on frémit. Il incarne ainsi le vice, la déviance et le Mal avec virtuosité.
Mais ce rôle pour lequel Heath Ledger a cru bon de passer des nuits de deux heures de sommeil, en gardant ses vêtements et le cheveu gras, méritait-il tant, jusqu'à sa mort accidentelle? Ciel non! A méditer...
A 28 ans, avec sans doute un fond d'immaturité persistante, Heath Ledger ne disposait-il pas d'un coach susceptible de calmer son ardeur immodérée au travail? Apparemment pas. A quoi servent ces super-productions dont les budgets sont supérieurs à 200 millions de dollars? A rien. S'agit-il de divertissement? Même pas, à peine le film visionné il faut boire pour l'oublier. A quand la fin des films noirs aux visions sans espoir? Elle semble loin tant les années ont déjà passé en accumulant ce genre de cinéma.
Alors pour ceux et celles qui aspirent à un maximum d'humanité, d'espoir et d'échange, gardez en mémoire le Heath Ledger de Brokeback Mountain.
A la fin de la projection de The Dark Knight au Mann Village, le public applaudit à l'apparition du nom de Heath Ledger au générique : sans doute pour de mauvaises raisons immédiates liées à son excellente performance mais certainement pour de meilleures raisons plus secrètes qui sont les souvenirs émouvants qu'il laisse de lui.


© Copyright 2008 Bruno-Stéphane, en direct de Los Angeles

Thursday, January 24, 2008

La disparition de Heath Ledger le 22 janvier 2008 : un choc – Adieu à l’interprète d’Ennis de Brokeback Mountain

photo © Copyright 2006 BSLB

Les media viennent d’annoncer la disparition brutale de Heath Ledger à New-York où il résidait dans le quartier de Soho, Broome Street.
Sa disparition à 28 ans en pleine ascension de sa carrière d’acteur au cinéma et dans le souvenir de sa remarquable interprétation d’Ennis dans Brokeback Mountain, est un choc.

Le feu ardent qui couvait derrière ses expressions dans le rôle d’Ennis et les fêlures que l’acteur a vraisemblablement exploitées dans son interprétation ont-ils eu raison de lui ? Ses propres capacités, remarquables, se sont-elles retournées contre lui, jusqu’à atteindre à sa vie ? Ses proches sauront l’expliquer.
Lorsque l’on songe au personnage noir de Heathcliff du roman d’Emily Brontë, Wuthering Heights, qui a inspiré le choix de son prénom, on frissonne…

L’intensité, la fragilité contenue dans une virilité sans équivoque, restent dans nos mémoires tandis qu’il incarnait un Ennis tourmenté, traumatisé et psychologiquement persécuté par son environnement social. C’est d’ailleurs la complexité du personnage étonnamment restituée dans toutes ses facettes qui nous avait fascinée dans l’interprétation de Heath Ledger dont on aurait aimé qu’elle soit officiellement récompensée. Une fois de plus, c’est la récompense du public qui fut au rendez-vous. Remémorons-nous les hommages que nous lui rendions en 2006 :
http://brokebackers.blogspot.com/2006/04/brokeback-mountain-dvd-portfolio.html


Depuis le tournage de Brokeback Mountain et sa diffusion internationale, comme nous l’annoncions avec bonheur, sa vie était marquée par son union avec Michelle Williams et la naissance de sa fille Matilda.
Après la sortie en 2007 de I’m not there de Todd Haynes, sur la vie de Bob Dylan, pas moins de deux films verront à nouveau apparaître Heath Ledger en 2008 : The Dark Knight de Christopher Nolan, qui fait suite à Batman Begins, où il interprète le Joker et où l'intensité de l’incarnation de ce personnage ne manquera pas d’être notée et admirée ; Candy de Neil Armfield où il interpète le rôle de Dan; et peut-être The imaginarium of Doctor Parnassus de Terry Gilliam où il interprète le rôle de Tony, resté inachevé au moment de la disparition de l'acteur.
Ses apparitions ne passeront pas inaperçues : nous aurions aimé louer ses mérites avec lui.

En nous quittant à 28 ans, il aura consommé sa jeunesse et sa carrière en un éclair, éblouissant dans ses dernières apparitions et il restera dans les mémoires l’incarnation parfaite du tourmenté Ennis. Ses films figeront sa beauté physique et son indéniable charisme mais n’ôteront pas le chagrin de le savoir parti. Il s’est inscrit dans le ciel comme les étoiles filantes des nuits d’été.
Saluons l’artiste et portons sa mémoire.


© Copyright 2008 Bruno-Stéphane

Quelques liens à consulter
Biographie de Heath Ledger, filmographie : http://www.imdb.com/name/nm0005132/
interview vidéo : http://www.tmz.com/2008/01/22/ledgers-eerily-prophetic-interview/
Actualités : http://cityroom.blogs.nytimes.com/2008/01/22/actor-heath-ledger-is-found-dead/