Showing posts with label cover. Show all posts
Showing posts with label cover. Show all posts

Friday, November 02, 2012

Sunday, September 14, 2008

The Dark Knight soundtrack / musique du film

Les compositeurs Hans Zimmer et James Newton Howard servent une partition orchestrale remarquable par son ampleur et son sens épique. Parfaitement adaptée à l’action, elle constitue l’un des moteurs du film. Des glissendos dissonants de cordes, soutenus par des percussions sourdes parfaitement dosées et haletantes, comme dans « Like a dog chasing cars », confèrent un rythme incomparable à la progression dramatique. Pizzicatti soutenus par des basses profondes, comme dans « I’m not a hero », renvoie au galop de chevaux dans une atmosphère crépusculaire, non sans rappeler Schubert qui y excellait dans ses lieder. Stridences, battements accélérés à l’image de ceux du cœur, tambours assourdis d’où surgissent des traits soudains, comme dans « Why so serious ». L’ensemble de la partition suit les grands principes de ce type de progression rythmique et dynamique, utilisant la répétition de thèmes dans des crescendos orgasmiques comme le Boléro de Maurice Ravel en avait été une apothéose au 20ème siècle. Riche d’audaces instrumentales et d’une infinie variété de tons sourds, pimentée d’intrusions électroniques au sein d’un ensemble utilisant une base orchestrale quasi classique, la partition n’est pas sans lyrisme contenu et pourrait servir un opéra. Globalement sombre, elle ajoute à la noirceur du film grâce à une palpitation, une course poursuite sans limite, une pulsation échevelée, un souffle haletant. Sans être invasive, elle glacera volontiers le sang. En ce sens elle sert admirablement les volontés du cinéaste et crée un univers noir souvent sans espoir. Elle vaut d’être écoutée pour elle seule, même si immanquablement les images reviendront aisément, comme l’incroyable renversement du camion sans dessus dessous dans l’axe exact de la rue, en pleine nuit, lors de la poursuite de Batman et du Joker dans la ville mythique…ou comme les babines sadiques et grimaçantes du Joker dues à l’incarnation hallucinée qu’en livre Heath Ledger. Combien on eusse aimer que ce désir d’incarnation extrême ne conduise pas l’acteur à l’ultime fatalité.

La musique du film comprend 14 morceaux : “Why so serious “, “I’m not a hero”, “Harvey two face”, “Aggressive expansion”, “Always a catch”, “Blood on my hands”, “A little push”, “Like a dog chasing cars”, “I am the Batman”, “And I thought my jokes were bad”, “Agent of chaos”, “Introduce a little anarchy”, “Watch the world burn”, “A Dark Knight”.

© Copyright 2008 Bruno-Stéphane

Thursday, January 24, 2008

La disparition de Heath Ledger le 22 janvier 2008 : un choc – Adieu à l’interprète d’Ennis de Brokeback Mountain

photo © Copyright 2006 BSLB

Les media viennent d’annoncer la disparition brutale de Heath Ledger à New-York où il résidait dans le quartier de Soho, Broome Street.
Sa disparition à 28 ans en pleine ascension de sa carrière d’acteur au cinéma et dans le souvenir de sa remarquable interprétation d’Ennis dans Brokeback Mountain, est un choc.

Le feu ardent qui couvait derrière ses expressions dans le rôle d’Ennis et les fêlures que l’acteur a vraisemblablement exploitées dans son interprétation ont-ils eu raison de lui ? Ses propres capacités, remarquables, se sont-elles retournées contre lui, jusqu’à atteindre à sa vie ? Ses proches sauront l’expliquer.
Lorsque l’on songe au personnage noir de Heathcliff du roman d’Emily Brontë, Wuthering Heights, qui a inspiré le choix de son prénom, on frissonne…

L’intensité, la fragilité contenue dans une virilité sans équivoque, restent dans nos mémoires tandis qu’il incarnait un Ennis tourmenté, traumatisé et psychologiquement persécuté par son environnement social. C’est d’ailleurs la complexité du personnage étonnamment restituée dans toutes ses facettes qui nous avait fascinée dans l’interprétation de Heath Ledger dont on aurait aimé qu’elle soit officiellement récompensée. Une fois de plus, c’est la récompense du public qui fut au rendez-vous. Remémorons-nous les hommages que nous lui rendions en 2006 :
http://brokebackers.blogspot.com/2006/04/brokeback-mountain-dvd-portfolio.html


Depuis le tournage de Brokeback Mountain et sa diffusion internationale, comme nous l’annoncions avec bonheur, sa vie était marquée par son union avec Michelle Williams et la naissance de sa fille Matilda.
Après la sortie en 2007 de I’m not there de Todd Haynes, sur la vie de Bob Dylan, pas moins de deux films verront à nouveau apparaître Heath Ledger en 2008 : The Dark Knight de Christopher Nolan, qui fait suite à Batman Begins, où il interprète le Joker et où l'intensité de l’incarnation de ce personnage ne manquera pas d’être notée et admirée ; Candy de Neil Armfield où il interpète le rôle de Dan; et peut-être The imaginarium of Doctor Parnassus de Terry Gilliam où il interprète le rôle de Tony, resté inachevé au moment de la disparition de l'acteur.
Ses apparitions ne passeront pas inaperçues : nous aurions aimé louer ses mérites avec lui.

En nous quittant à 28 ans, il aura consommé sa jeunesse et sa carrière en un éclair, éblouissant dans ses dernières apparitions et il restera dans les mémoires l’incarnation parfaite du tourmenté Ennis. Ses films figeront sa beauté physique et son indéniable charisme mais n’ôteront pas le chagrin de le savoir parti. Il s’est inscrit dans le ciel comme les étoiles filantes des nuits d’été.
Saluons l’artiste et portons sa mémoire.


© Copyright 2008 Bruno-Stéphane

Quelques liens à consulter
Biographie de Heath Ledger, filmographie : http://www.imdb.com/name/nm0005132/
interview vidéo : http://www.tmz.com/2008/01/22/ledgers-eerily-prophetic-interview/
Actualités : http://cityroom.blogs.nytimes.com/2008/01/22/actor-heath-ledger-is-found-dead/

Saturday, November 11, 2006

Brokeback Mountain : bientôt Noël !

 photo © Copyright 2006 BSLB

En attendant l’incontournable DVD HD qui ne sera pas disponible pour les Fêtes, d’autres cadeaux sont accessibles :

· le calendrier Brokeback Mountain 2007 30x30 cm avec une sélection des photos du film (déjà disponible aux USA et au moins sur amazon.com : pour environ 14 $ ils seront nombreux à ne pas hésiter… ; ou bien encore en Grande-Bretagne, plus cher… pauvre France…)


· le CD des Remixes (oui, oui, les remixes ! si cela vous avait échappé) de la bande originale de Brokeback Mountain ( « Brokeback Mountain theme remixes » publié par Verve Forecast en 2006, disponible aux USA)… les purs et durs qui ont aimé la musique et les accords subtils de Gustavo Santaolalla en resteront à l’original, mais un détour « dance » n’est pas interdit; les deux premiers remixes du CD emportent très nettement l’avantage sur le troisième qui peut être oublié










· et surtout, toujours, la nouvelle d’Annie Proulx, souvent désormais republiée dans différentes langues : le texte incontournable pour ceux et celles qui n’ont pas encore eu la curiosité ou le désir de lire.

© Copyright 2006 Bruno-Stéphane

Saturday, April 08, 2006

Brokeback Mountain : le DVD arrive / coming soon …

photo © Copyright 2006 BSLB

Tandis que le film diffusé sur les écrans de la plupart des pays au monde a provoqué un tsunami psychologique et émotionnel, les basses affaires retrouvent droit de cité : les grandes marques commerciales s’emparent de l’effet « Brokeback Mountain » pour doper leurs ventes jusqu’à appauvrir la substance initiale de l’émotion, Randy Quaid intente une action contre Focus Features au motif de ne pas avoir été assez rémunéré compte tenu des recettes actuelles du film (plus de 82 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, pour l’instant, et plus de 135 millions de dollars dans le monde) alors qu’il est plausible que la production n’ait pu imaginer le succès potentiel au niveau aujourd’hui atteint,…
Certains diront que c’est l’environnement classique de l’industrie cinématographique, puisqu’elle a pour mission principale de générer des recettes, très importantes si possible, et pas nécessairement de valoriser une démarche artistique inspirée ou non de la littérature. Eternelle confrontation de l’art et du business.

Pour ceux qui aspirent à plus de hauteur et préfèrent rester dans l’écho du film, le DVD est bienvenu : déjà publié en zone 1, attendu pour juin 2006 en zone 2 (Europe) mais déjà disponible en Grande-Bretagne dès le 24 avril ( partez pour Londres ! ou commandez par Internet ! ), il comporte des interviews d’Ang Lee et des acteurs.
Les circonstances du tournage sont connues de longue date, puisque des interviews de 2005 les avaient déjà évoquées, et notamment le minimum de communication entre le Directeur et ses acteurs. On le comprendra encore mieux maintenant, il était indispensable de conserver la spontanéité, la matière brute et l’incandescence d’un jeune acteur comme Heath Ledger pour que son intégration du personnage, son quasi mutisme face aux évènements et sa violence intérieure puisse traverser l’écran et entrer en résonance avec le spectateur.
Il s’agit d’un élément clé de la force percussive du film et il est regrettable que Heath Ledger n’ait pas été plus encensé ou récompensé pour son interprétation. Son incandescence n’aura pas été ignorée de beaucoup, puisque Michelle Williams y a succombée très vite, pour le meilleur du couple que ces deux jeunes héros, déjà parents, forment désormais.
Victoire de l’amour. :-) :-)

© Copyright 2006 Bruno-Stéphane

Wednesday, March 15, 2006

La musique de Brokeback Mountain

 photo © Copyright 2006 BSLB
A lire dans l’International Herald Tribune (en collaboration avec le New York Times) daté 14 mars 2006, un article fort intéressant de Will Hermes à propos de Willie Nelson et Cindy Walker, auteur de chansons « country ». Référence : www.iht.com/culture (clips audio de chansons à écouter).

Sunday, March 12, 2006

Brokeback Mountain : la musique de Gustavo Santaolalla, comme une fêlure

Brokebackers

photo © Copyright BSLB



Est-il bien nécessaire d’insister sur le fait que le succès d’un film est dû pour une grande partie à la qualité de sa bande originale ? La musique, qui parfois n’a que des vertus de soulignement ou d’accompagnement, et qui quand elle est excellente fait bien plus qu’accompagner pour exister à part entière, est un vecteur essentiel de communication et de communion avec le public. Sa capacité à communiquer directement à l’âme humaine est source d’adhésion et de fusion.
Dans le cas de Brokeback Mountain, le caractère sentimental et dramatique de l’histoire ainsi contée, méritait une attention musicale toute particulière : se placer dans le contexte local et historique (musiques traditionnelles ou régionales, au besoin « revisitées », ou interprétations « acoustiques ») est un merveilleux choix car il enveloppe les personnages et le contexte dans lequel ils évoluent. Le thème musical du film a ce pouvoir, mais comme un écho, et va beaucoup plus loin : il devient langage, il vient apporter une couleur et une parole là où aucune parole ne peut être prononcée, là où un certain silence est de mise, là où dans un silence global seule cette musique peut être supportée, tolérée, seule cette musique peut prendre possession de l’espace et de la pensée.
La musique trouve là sa mission pure et sacrée : dire, soupirer les sensations justes, atteindre en notre intimité le lieu secret et privilégié où la vérité du sentiment peut naître et s’épanouir, c'est-à-dire émouvoir.
En musique, l’émotion est souvent écrasée, opprimée, laissée pour compte, aussi bien dans la musique dite sérieuse, que dans les musiques du monde et les variétés. Il faut insister sur le fait que Gustavo Santaolalla y parvient à l’aide de … quelques notes seulement, si l’on étudie bien son thème musical. Quelques notes pour autant d’impact émotionnel. Car il ne s’agit nullement d’une partition complexe. Ce compositeur a puisé dans son patrimoine musical pour y trouver les quelques notes justes, insignifiantes et suffisantes, quelques accords, sur une guitare. Cette musique est aussi nue que le sont les deux êtres qui sont envahis par cet élan d’amour irrépressible. Dans sa nudité, elle synthétise à elle seule le tout. La beauté n’a donc besoin que de peu de choses…
Mais d’où naît cette émotion, quasi soudaine, à son écoute ? D’où vient cet épanchement ?
D’un subtil déséquilibre, de l’approche d’un vide, du danger de ce vide, d’une suspension, d’un délicat envol, d’un jeu avec le temps. De la contrariété dans un accord, dans une succession de notes, d’une dissonance, d’une fêlure. De cet espace ainsi créé, de cette suspension de notre âme dans ce vide momentané, jaillit l’émotion pure.
Il ne s’agit pas d’une recette, il s’agit d’une création qui nécessite le complet accord de soi avec cette intention : Gustavo Santaolalla y parvient admirablement, dans sa sobriété, sa clairvoyance, sa sensibilité. Bravo. Et merci de ce cadeau.
Vite, réécoutons le CD !


© Copyright 2006 Bruno-Stéphane


Et pour les "nostalgiques", deux liens encore actifs, grâce à You Tube :http://www.youtube.com/watch?v=sYUq6wNBT6s
Clip de la chanson du film interprétée par Willie Nelson
« Cowboys are Frequently Secretly (Fond of Each other) »http://www.youtube.com/watch?v=htPtgR76l3o
Clip de la chanson de John Waite, « Missing You ».