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Friday, November 02, 2012

Saturday, October 04, 2008

Heath Ledger à l'affiche durant l'été : de Brokeback Mountain à The Dark Knight






















photos © copyright 2008 BSLB
Heath Ledger fait la une des magazines durant l'été dans le monde entier : GQ en Corée lui consacre sa couverture dans une édition qui ferait pâlir nombre de magazines européens ou américains, tant la qualité de conception et de fabrication en est élevée.

L'article reste succinct et évoque l'apparition de l'acteur disparu dans le film de Christopher Nolan The Dark Knight.
Los Angeles bruisse de la remise d'un Oscar à titre posthume au jeune acteur brutalement disparu en janvier 2008 et qui bénéficie d'un succès retentissant durant tout l'été.
Le score de fréquentation bat en effet des records aussi bien aux Etats-unis que dans le monde : 525 millions de dollars de recettes d'exploitation depuis le 18 juillet 2008, plaçant ce Batman au 2ème rang mondial des plus grands succès financiers du cinéma... Titanic conservant encore la première place de ce palmarès.
Rendez-vous à Los Angeles en février 2009, le 22, pour savoir si les rumeurs se confirmeront.
Les producteurs auraient tort de ne pas honorer l'acteur, le public ayant d'autant plus accouru dans les salles de cinéma que l'acteur reste une comète au ciel des productions hollywoodiennes. Plutôt qu'une reconnaissance teintée de matérialisme, on aurait préféré la reconnaissance d'un jeune talent qui s'était fait connaître bien plus tôt dans Brokeback Mountain.
Il faudrait surtout que l'expérience de Heath Ledger, sans rien altérer de ses capacités et de son enthousiasme, reste gravée comme une leçon pour la jeune génération d'acteurs : le propre du jeu est la simulation qui maintient la distance nécessaire entre soi et le rôle interprété. A trop s'investir émotionnellement, physiquement et psychologiquement dans le rôle pourtant limité du Joker, Heath Ledger a franchi des limites fatales pour lui-même. On désespérerait qu'il ne devint un modèle pour de jeunes acteurs en devenir.
On ne remerciera jamais assez les producteurs et réalisateurs qui lui ont confié des rôles tout à la fois à sa mesure et assurant sa mise en valeur : qui préferera le Joker à Ennis comme rôle de référence de Heath Ledger ? personne : il reste des abysses entre les babines rougies du démoniaque et la beauté naturelle du cowboy torturé.
© copyright 2008 Bruno-Stéphane, en direct de Los Angeles



Sunday, September 14, 2008

The Dark Knight soundtrack / musique du film

Les compositeurs Hans Zimmer et James Newton Howard servent une partition orchestrale remarquable par son ampleur et son sens épique. Parfaitement adaptée à l’action, elle constitue l’un des moteurs du film. Des glissendos dissonants de cordes, soutenus par des percussions sourdes parfaitement dosées et haletantes, comme dans « Like a dog chasing cars », confèrent un rythme incomparable à la progression dramatique. Pizzicatti soutenus par des basses profondes, comme dans « I’m not a hero », renvoie au galop de chevaux dans une atmosphère crépusculaire, non sans rappeler Schubert qui y excellait dans ses lieder. Stridences, battements accélérés à l’image de ceux du cœur, tambours assourdis d’où surgissent des traits soudains, comme dans « Why so serious ». L’ensemble de la partition suit les grands principes de ce type de progression rythmique et dynamique, utilisant la répétition de thèmes dans des crescendos orgasmiques comme le Boléro de Maurice Ravel en avait été une apothéose au 20ème siècle. Riche d’audaces instrumentales et d’une infinie variété de tons sourds, pimentée d’intrusions électroniques au sein d’un ensemble utilisant une base orchestrale quasi classique, la partition n’est pas sans lyrisme contenu et pourrait servir un opéra. Globalement sombre, elle ajoute à la noirceur du film grâce à une palpitation, une course poursuite sans limite, une pulsation échevelée, un souffle haletant. Sans être invasive, elle glacera volontiers le sang. En ce sens elle sert admirablement les volontés du cinéaste et crée un univers noir souvent sans espoir. Elle vaut d’être écoutée pour elle seule, même si immanquablement les images reviendront aisément, comme l’incroyable renversement du camion sans dessus dessous dans l’axe exact de la rue, en pleine nuit, lors de la poursuite de Batman et du Joker dans la ville mythique…ou comme les babines sadiques et grimaçantes du Joker dues à l’incarnation hallucinée qu’en livre Heath Ledger. Combien on eusse aimer que ce désir d’incarnation extrême ne conduise pas l’acteur à l’ultime fatalité.

La musique du film comprend 14 morceaux : “Why so serious “, “I’m not a hero”, “Harvey two face”, “Aggressive expansion”, “Always a catch”, “Blood on my hands”, “A little push”, “Like a dog chasing cars”, “I am the Batman”, “And I thought my jokes were bad”, “Agent of chaos”, “Introduce a little anarchy”, “Watch the world burn”, “A Dark Knight”.

© Copyright 2008 Bruno-Stéphane

Saturday, July 26, 2008

Heath Ledger : dernière apparition cinématographique dans Batman "The Dark Knight" juillet 2008




























photos © Copyright 2008 BSLB

Heath Ledger etait très attendu dans son apparition dans le rôle du "Joker" dans The Dark Knight. Qu'en est-il en ce mois de juillet 2008 dans les cinémas de Los Angeles?

Une expérience cinématographique dans la capitale mondiale du genre fait pâlir ces mêmes sensations dans les salles françaises... Décor Art-Déco du Mann Village à Westwood, quartier de Los Angeles situé entre Beverly Hills et Santa Monica, qualité d'accueil, écran géant, projection haute définition, son THX à faire trembler les murs, public enthousiaste : prêt au décollage!
L'atterrissage est plus douloureux... Le film est d' une rare violence et d'une rare noirceur, la promesse du titre est bien respectée. Ames sensibles s'abstenir : il faut plaire à un public jeune qui, a priori, savoure ce type d'exploits à l'écran (est-ce bien certain?).
Une remarquable réalisation, absolument virtuose, une photographie haut de gamme (les vues plongeantes sur Chicago et Hong Kong, symboles mythiques de LA ville contemporaine, parfaites représentations de la ville imaginaire Gotham City), des courses poursuites et autres envolées dans les airs à couper le souffle... au service d'un scénario simpliste qui ne fait pas décoller les cerveaux.
Après environ 2h30 enfoncé dans son siege, quasiment terrorisé et martelé par une musique aussi noire que l'image, on se prend a s'étonner d'être en été : on regarde le ciel bleu roi étoilé avec étonnement, on rêve d'une crème glacée, d'un jus de fruit frais et d'un dîner chaleureux entre amis...
Car comme pour certains chocolats 100% cacao, noir c'est noir!
Lorsque l'on pense à la beauté de ce jeune acteur que sera éternellement Heath Ledger, et au dernier témoignage, involontaire certes, que lui rend ce film, on prend peur.
Oubliées sa fraîcheur, sa jeunesse, sa sensibilité exacerbée. On ne retient de son passage dans The Dark Knight, qu'une remarquable interprétation derrière un masque d'anti-clown grimaçant qui fait fi de son physique. Heath Ledger confère au personnage noir du Joker une folie inégalée : quand sa langue sort subrepticement de sa bouche pour lécher ses babines rougies, on frémit. Il incarne ainsi le vice, la déviance et le Mal avec virtuosité.
Mais ce rôle pour lequel Heath Ledger a cru bon de passer des nuits de deux heures de sommeil, en gardant ses vêtements et le cheveu gras, méritait-il tant, jusqu'à sa mort accidentelle? Ciel non! A méditer...
A 28 ans, avec sans doute un fond d'immaturité persistante, Heath Ledger ne disposait-il pas d'un coach susceptible de calmer son ardeur immodérée au travail? Apparemment pas. A quoi servent ces super-productions dont les budgets sont supérieurs à 200 millions de dollars? A rien. S'agit-il de divertissement? Même pas, à peine le film visionné il faut boire pour l'oublier. A quand la fin des films noirs aux visions sans espoir? Elle semble loin tant les années ont déjà passé en accumulant ce genre de cinéma.
Alors pour ceux et celles qui aspirent à un maximum d'humanité, d'espoir et d'échange, gardez en mémoire le Heath Ledger de Brokeback Mountain.
A la fin de la projection de The Dark Knight au Mann Village, le public applaudit à l'apparition du nom de Heath Ledger au générique : sans doute pour de mauvaises raisons immédiates liées à son excellente performance mais certainement pour de meilleures raisons plus secrètes qui sont les souvenirs émouvants qu'il laisse de lui.


© Copyright 2008 Bruno-Stéphane, en direct de Los Angeles

Thursday, January 24, 2008

La disparition de Heath Ledger le 22 janvier 2008 : un choc – Adieu à l’interprète d’Ennis de Brokeback Mountain

photo © Copyright 2006 BSLB

Les media viennent d’annoncer la disparition brutale de Heath Ledger à New-York où il résidait dans le quartier de Soho, Broome Street.
Sa disparition à 28 ans en pleine ascension de sa carrière d’acteur au cinéma et dans le souvenir de sa remarquable interprétation d’Ennis dans Brokeback Mountain, est un choc.

Le feu ardent qui couvait derrière ses expressions dans le rôle d’Ennis et les fêlures que l’acteur a vraisemblablement exploitées dans son interprétation ont-ils eu raison de lui ? Ses propres capacités, remarquables, se sont-elles retournées contre lui, jusqu’à atteindre à sa vie ? Ses proches sauront l’expliquer.
Lorsque l’on songe au personnage noir de Heathcliff du roman d’Emily Brontë, Wuthering Heights, qui a inspiré le choix de son prénom, on frissonne…

L’intensité, la fragilité contenue dans une virilité sans équivoque, restent dans nos mémoires tandis qu’il incarnait un Ennis tourmenté, traumatisé et psychologiquement persécuté par son environnement social. C’est d’ailleurs la complexité du personnage étonnamment restituée dans toutes ses facettes qui nous avait fascinée dans l’interprétation de Heath Ledger dont on aurait aimé qu’elle soit officiellement récompensée. Une fois de plus, c’est la récompense du public qui fut au rendez-vous. Remémorons-nous les hommages que nous lui rendions en 2006 :
http://brokebackers.blogspot.com/2006/04/brokeback-mountain-dvd-portfolio.html


Depuis le tournage de Brokeback Mountain et sa diffusion internationale, comme nous l’annoncions avec bonheur, sa vie était marquée par son union avec Michelle Williams et la naissance de sa fille Matilda.
Après la sortie en 2007 de I’m not there de Todd Haynes, sur la vie de Bob Dylan, pas moins de deux films verront à nouveau apparaître Heath Ledger en 2008 : The Dark Knight de Christopher Nolan, qui fait suite à Batman Begins, où il interprète le Joker et où l'intensité de l’incarnation de ce personnage ne manquera pas d’être notée et admirée ; Candy de Neil Armfield où il interpète le rôle de Dan; et peut-être The imaginarium of Doctor Parnassus de Terry Gilliam où il interprète le rôle de Tony, resté inachevé au moment de la disparition de l'acteur.
Ses apparitions ne passeront pas inaperçues : nous aurions aimé louer ses mérites avec lui.

En nous quittant à 28 ans, il aura consommé sa jeunesse et sa carrière en un éclair, éblouissant dans ses dernières apparitions et il restera dans les mémoires l’incarnation parfaite du tourmenté Ennis. Ses films figeront sa beauté physique et son indéniable charisme mais n’ôteront pas le chagrin de le savoir parti. Il s’est inscrit dans le ciel comme les étoiles filantes des nuits d’été.
Saluons l’artiste et portons sa mémoire.


© Copyright 2008 Bruno-Stéphane

Quelques liens à consulter
Biographie de Heath Ledger, filmographie : http://www.imdb.com/name/nm0005132/
interview vidéo : http://www.tmz.com/2008/01/22/ledgers-eerily-prophetic-interview/
Actualités : http://cityroom.blogs.nytimes.com/2008/01/22/actor-heath-ledger-is-found-dead/

Friday, February 09, 2007

Brokeback Mountain : sur Canal + le 14 février 2007

 photo © Copyright 2006 BSLB
Vive la Saint-Valentin ! Seul Canal peut faire pareil clin d’œil…
Après le succès en salles, en estimant que quelques amateurs aient raté ce chef d’œuvre, y compris après sa sortie en DVD, voici un évènement à ne pas manquer.
Par contre, l’annonce de cette diffusion nous vaut une nouvelle avalanche de banalités dans la presse : le « western gay » ( voir l’article du 27 janvier 2006 « Le secret de Brokeback Mountain, un « western gay » – qui a inventé ça ? » : http://brokebackers.blogspot.com/2006/01/le-secret-de-brokeback-mountain-un.html ), le « mélo montagneux », l’ « idylle homosexuelle » (et encore, l’adjectif est prononcé, ouf !), les héros « fleurs bleues », le « sourire de petit garçon » de Jake Gyllenhaal devenu « icône gay » ( le critique n’a pas dû visionner le superbe et inquiétant film « Jarhead » dans lequel Jake Gyllenhaal a un rôle poignant, il aurait eu en effet une meilleure connaissance de « l’épaisseur » et de l’étendue des capacités de l’acteur qui est vraiment très éloigné du petit garçon…).
On peut vraiment s’interroger sur ce qu’il serait advenu des commentaires sur ce film , et concomitamment sur la nouvelle d’Annie Proulx, si il n’avait pas bénéficié de la caution des grandes récompenses cinématographiques internationales dont Toronto et Venise, et en tout premier lieu de la caution d’un vaste public, bouleversé et grandissant au fur et à mesure de sa diffusion.
Il y a décidément un considérable fossé, des abysses, entre une presse du type « people » superficielle et inconséquente, et les valeurs véhiculées par de telles créations qui laissent des traces durables dans la société et ont la capacité de la mettre en mouvement. Mais si la presse « people » est urticante, par bonheur, elle ne laisse aucune trace.
© Copyright 2006-2007 Bruno-Stéphane

Wednesday, January 03, 2007

Brokeback Mountain : 2007, un an plus tard

 photo © Copyright BSLB 200

Après le choc émotionnel de janvier 2006 (pour les Français !), il est impossible de manquer cet anniversaire et de ne pas former des vœux de bonheur et de douceur pour tous ceux et celles qui ont décidé de mieux s’aimer après la grande leçon de Brokeback Mountain. Si un fossé s’est bien creusé en 2006, grâce au film et à la redécouverte de la nouvelle d’Annie Proulx, c’est bien celui qui sépare l’essentiel du superficiel, qui sépare ce qui nous met en mouvement et nous émeut de ce qui simplement nous distrait. Cette « rencontre » a représenté une singulière exploration et a contribué au renforcement de notre identité individuelle.
Pour citer un bel extrait d’une chanson du groupe Coldplay, adoptons cette proposition / affirmation : « I want to live where the sun comes out » et n’abandonnons pas le style Brokeback que nous avons eu temps de plaisir à adopter.



Plus prosaïquement, les éditeurs pensent à nous (et sans doute surtout à notre porte-monnaie) et nous annoncent des sorties imminentes en HD et Blu-Ray du DVD du film, de quoi reléguer le DVD classique et même Collector au fond du tiroir… la qualité de la haute définition n’ayant pas d’égal. A suivre…

© Copyright 2006 Bruno-Stéphane

Saturday, November 11, 2006

Brokeback Mountain : bientôt Noël !

 photo © Copyright 2006 BSLB

En attendant l’incontournable DVD HD qui ne sera pas disponible pour les Fêtes, d’autres cadeaux sont accessibles :

· le calendrier Brokeback Mountain 2007 30x30 cm avec une sélection des photos du film (déjà disponible aux USA et au moins sur amazon.com : pour environ 14 $ ils seront nombreux à ne pas hésiter… ; ou bien encore en Grande-Bretagne, plus cher… pauvre France…)


· le CD des Remixes (oui, oui, les remixes ! si cela vous avait échappé) de la bande originale de Brokeback Mountain ( « Brokeback Mountain theme remixes » publié par Verve Forecast en 2006, disponible aux USA)… les purs et durs qui ont aimé la musique et les accords subtils de Gustavo Santaolalla en resteront à l’original, mais un détour « dance » n’est pas interdit; les deux premiers remixes du CD emportent très nettement l’avantage sur le troisième qui peut être oublié










· et surtout, toujours, la nouvelle d’Annie Proulx, souvent désormais republiée dans différentes langues : le texte incontournable pour ceux et celles qui n’ont pas encore eu la curiosité ou le désir de lire.

© Copyright 2006 Bruno-Stéphane

Tuesday, November 07, 2006

Brokeback Mountain : un DVD collector et même HD ?


photo © Copyright 2006 BSLB
Bientôt un DVD collector et même HD ?
Joyeux Noël direz-vous ? Hélas, Universal annonce une sortie de ce collector avec son DTS 5.1, idéal pour les accords de guitare de Gustavo Santaolalla, (http://brokebackers.blogspot.com/2006/03/brokeback-mountain-la-musique-de.html) pour la fin du mois de janvier 2007, aux USA… Il faudra donc trouver un autre alibi pour offrir un film à revoir et revoir : la Saint-Valentin, peut-être ? I’m kidding !! :-)

De quoi soufflez une bougie sous la tente, avant le vrai trip dans les Rocheuses ?
Ce sera de toute façon un très bel anniversaire, environ un an après la sortie du film dans les salles françaises et la création de ce blog dédié (http://brokebackers.blogspot.com/2006/01/brokeback-mountain-la-nouvelle-dannie.html).

Le temps passe mais le cœur est fidèle…
© Copyright 2006 Bruno-Stéphane

Monday, September 18, 2006

Brokeback Mountain : le DVD et ses bonus


photo © Copyright BSLB 2006
Visionner Brokeback Mountain en DVD chez soi, dans l’intimité, débarrassé des éventuelles perturbations périphériques ( voir l’article http://brokebackers.blogspot.com/2006/02/brokeback-mountain-dans-la-salle.html ), seul, en couple ou entre amis, constitue un grand moment, que ce soit la première découverte du film ou que ce soit une nouvelle fois. Indiscutablement, à la lumière des seuls témoignages transmis, ce film marquant a été vu et revu avec une grande attention par toux ceux qu’il a touchés au cœur.
La disponibilité est plus grande, la sensation plus forte, l’émotion encore augmentée, malgré la réduction du cadre de l’écran (sauf les chanceux qui disposent d’installations « home cinéma »…) qui convient moins à la grandeur et la beauté des paysages du supposé Wyoming (en réalité l’Alberta).
Lors de la sortie du DVD, Annie Proulx dut tressauter, encore que l’on espère qu’en sa retraite lointaine cette information ne lui soit pas parvenue…, tandis qu’un pigiste inculte qualifiait de « pornographique » (sic) sa superbe nouvelle dans une pseudo critique parue dans un mensuel spécialisé français… Fascinant, le degré d’inculture, dans un milieu qui se voudrait culturel et qui n’est jamais que marchand… Les lecteurs de la revue n’ont pas manqué de se manifester face à tant de bêtise…
Pour les férus de DVD, l’édition zone 3 en provenance de Hong Kong reste la meilleure, non pas dans la différence de contenu, mais par l’exceptionnelle qualité du pressage et de la bande son (DTS ES et DD 5.1 EX). Par contre, pas de sous-titres français ; mais la langue originale ne suffit-elle pas ? notamment dans le texte très respecté d’Annie Proulx ?
A l’évidence, il est beaucoup attendu des bonus : quelle part secrète du montage de ce film, de la vie des acteurs, sera-t-elle dévoilée ? Peu de choses en fait. Et c’est sans doute mieux ainsi. L’essentiel n’est bien évidemment pas là.
Les bonus, parfois répétitifs, car puisés dans plusieurs interviews ou reportages et coupés / recollés dans différentes séquences des bonus ( Sharing the story / Directing from the heart : Ang Lee / On being a cowboy / From script to screen / et dans le DVD zone 3 une séquence de présentation à la Broadway Cinematheque à Hong Kong le 21 janvier 2006 avec Ang Lee, sans sous-titres…) , ont le mérite de résumer l’histoire de cette production : Annie Proulx fit paraître sa nouvelle en 1997 ; les scénaristes Larry McMurtry et Diana Ossana se passionnèrent très vite pour cette nouvelle et proposèrent leur adaptation aux studios hollywoodiens, très frileux (ils auraient dû consulter une voyante !!) ; des années s’écoulèrent avant qu’une branche d’Universal, Focus Features, s’y intéresse enfin et que le contact fut pris avec Ang Lee.
Les interviews font apparaître : Ang Lee, Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Anne Hathaway (qui témoigne d’une belle analyse du tempérament d’Ennis), Michelle Williams, Linda Cardellini, et extrêmement brièvement Gustavo Santaolalla. Les scènes d’entraînement, la formation d’Heath Ledger et Jake Gyllenhaal à leurs rôles de cowboy (physiquement déjà murs pour ce rôle, en fait) sont distractives et amusantes mais confirment surtout leur aptitude innée à l’incarnation de ces deux personnages clés, Ennis et Jack. Il n’est constaté, d’ailleurs, aucune compétition entre ces deux acteurs, mais une réelle implication jusque dans la complicité, afin de servir au mieux la nouvelle d’Annie Proulx. De l’avantage de la jeunesse dans le métier, tandis que leurs aînés font le plus souvent leurs stars. Les acteurs ont visité le Montana pour s’imprégner des paysages, des lieux, des habitudes sociales, à la quête de cette culture non verbale qui est celle des cowboys, solitaires avec leur cheval pour compagnon. La préparation semble avoir été minutieuse.
A titre d’exemple, Heath Ledger n’a aucune hésitation à faire part de sa fierté à avoir participé à Brokeback Mountain et il espère que les sentiments transmis suscitent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses. Michelle Williams fait une analyse très juste des réactions émotionnelles des premiers publics du film.
Ang Lee aborde avec une infinie délicatesse, palpable dans son regard et sa personnalité, son implication dans la réalisation. Le soin qu’il a porté aux extérieurs a beaucoup demandé aux équipes techniques et s’est parfois traduit par de longues attentes : ces attentes, ainsi révélées pour nous spectateurs, ont à l’évidence contribué au climat du film, à l’intériorisation des personnages par les acteurs. Quand le rythme et le temps invitent à l’écoute et à une vérité intérieure…De l’avis même de Jake Gyllenhaal, Ang Lee s’est montré mystérieux, faisant peu appel aux échanges parlés, ayant recours à des propos métaphoriques (comme du lait et de l’eau…) mais préférant une communication d’un autre niveau. Ang Lee fut bien le maître d’œuvre, le magicien, transformant subtilement le texte de Brokeback Mountain en images.
On aurait aimé en sus : une interview d’Annie Proulx, mais sa discrétion l’honore ; la remise du Lion d’Or à Venise, l’un des premiers tremplins de l’histoire publique du film avec le Festival de Toronto ; un journal de bord à la façon de celui réalisé pour le making-of du splendide Don’t come knocking. Mais la part de mystère a des saveurs inégalées.
© Copyright 2006 Bruno-Stéphane

Sunday, July 09, 2006

Brokeback Mountain : 6 mois plus tard…

photo © Copyright BSLB 2006

Près de six mois après cette rencontre d’hiver que fut la sortie de Brokeback Mountain, qu’en reste-t-il dans nos mémoires et nos cœurs ?
Un souvenir tendre comme celui d’une rencontre amoureuse lointaine qui laisse au cœur une trace durable et fait esquisser un sourire à la bouche.
L’émotion suscitée a pris racine pour longtemps.
La dimension dramatique de l’histoire des deux amants s’est estompée, comme souvent le drame se dissout avec le temps grâce aux coups de butoir de la force vitale.
Mais un cœur qui a vibré et qui s’est épanché garde en lui l’indicible sensation de l’émotion vécue.
Oui, l’incarnation cinématographique de la nouvelle d’Annie Proulx a frappé par sa vérité et son audace.
Si elle pouvait marquer un virage définitif dans la représentation romanesque, ou non, de l’amour que se portent deux hommes, beaucoup se sentiraient épaulés et régénèreraient une fierté d’être si souvent mise à mal. Comme l’adolescent qui découvre son premier écho et son premier secours dans ses premières lectures homosexuelles.
Que Brokeback Mountain ait provoqué, ou soutenu, ou encore renforcé ce tournant, peu importe, l’élan, la poussée en avant doivent être préservés et entretenus comme la flamme d’une veilleuse qui rappelle la lumière au cœur de l’obscurité.
Il reste et restera la conviction du cœur, comme la joie au cœur, ces valeurs fortes qui tiennent l’homme debout et aident à grandir, toujours.
Longue vie à Brokeback Mountain !

© Copyright 2006 Bruno-Stéphane

Wednesday, May 10, 2006

Brokeback Mountain DVD : un voyage émotionnel

 photo © Copyright BSLB 2006

Il est étonnant de constater combien ce film a constitué un véritable cadeau, en 2005 pour les Américains, et en 2006 pour les Européens et les autres pays du monde, au point que l’on s’émeuve encore de son retentissement. Le phénomène sera bientôt étudié par les sociologues qui ont à cœur d’observer l’évolution de notre société contemporaine…
Malgré le caractère dramatique de l’histoire, malgré la mise en scène d’un amour rendu impossible par la pression sociale et l’impréparation psychique de certains êtres, en l’occurrence le personnage d’Ennis del Mar, et par une étrange alchimie, ce film, comme la nouvelle d’Annie Proulx dont il est tiré, reste un étonnant cadeau fait à l’âme humaine.
S’agit-il d’une psychanalyse collective ? S’agit-il du même ressenti lorsque l’on sort rasséréné d’une visite bénéfique chez un médecin ou un soignant ? S’agit-il d’une prise de conscience par un grand nombre d’individus, presque simultanément, que nombre de peurs, de non dits, de drames intérieurs sont partagés par beaucoup ? S’agit-il d’une prise de conscience supplémentaire qu’au vingt-et-unième siècle, enfin, modes de vie et orientations sexuelles se doivent d’être acceptés et non plus seulement tolérés, constituant ainsi une vague d’espoir et d’accomplissement ? Sans doute de tous ces phénomènes à la fois.

Le moment est venu pour les Européens, grâce à la sortie du DVD, de pouvoir revoir le film dans le cadre domestique et privé, ce qui confère à la « rencontre » avec ce film une dimension accrue grâce à une plus grande capacité d’écoute et d’attention.

Quel brillant hommage à la nature réalisé avec délicatesse par Ang Lee. Il campe un décor, un contexte. Ce contexte est fondamental à la portée de l’histoire et de son intimité : l’espace naturel est un espace permissif, à l’inverse de l’espace social qui est codifié et contraignant. Ang Lee, avec une grande finesse, a particulièrement soigné cette introduction, par la qualité de la photographie et le traitement de la beauté des paysages. Cette beauté de la nature magnifiée par l’œil du réalisateur devient une Muse inspiratrice et libératrice. Et avec la Beauté agissante, place à Eros.
Quel usage subtil du silence, des silences, des pauses durant lesquelles la musique de Santaolalla pourra produire ses effets. Quelle brillante leçon de cet usage des silences et de la musique dans une création audiovisuelle, au service de la compréhension humaine, des heurs et malheurs de l’âme humaine, au service du respect et de l’attention qui se doit d’être portée à l’individu, à son intimité, à ses choix, à sa vie.

Ce pourrait être un exercice cinématographique, il s’agit en fait d’un acte d’humanisme. Et cet humanisme transfigure le film et lui confère ce remarquable écho.

© Copyright 2006 Bruno-Stéphane